Surveillance de la Toxoplasmose

Une surveillance de la toxoplasmose congénitale a été mise en place en 2007. Dans ce dispositif, baptisé TOXOSURV, la surveillance est assurée par un réseau de laboratoires.

Contexte de la surveillance

La toxoplasmose est une zoonose due à un parasite protozoaire Toxoplasma gondii fréquente en France puisque plus de 50% de la population la contracte au cours de leur vie le plus souvent sans signes cliniques. Chez la femme, une contamination survenant pendant la grossesse peut être à d'une toxoplasmose congénitale (ou exceptionnellement chez des femmes enceintes préalablement infectées mais avec un statut d'immunodépression). L'évolution de la toxoplasmose congénitale est variable, allant de l'avortement spontané à des formes généralisées ou neurologiques sévères jusqu'à des formes infra cliniques (asymptomatiques).

Bien que la toxoplasmose ne soit pas une infection à caractère épidémique, la toxoplasmose congénitale est considérée en France comme un important problème de santé publique du fait des séquelles cliniques potentiellement sévères (neurologiques ou ophtalmologiques) chez les enfants infectés notamment en l'absence de diagnostic et de traitement appropriés. Aucun système de surveillance de la toxoplasmose congénitale n'existe à l'heure actuelle en France.

Les études de prévalence rapportées dans les années 1960 ont révélé des taux de séroprévalence élevés comparés aux autres pays européens. La France a mis en place un important programme national de prévention de la toxoplasmose congénitale dès 1978. Ce programme de prévention a été instauré sans mise en place complémentaire d'un système de surveillance de la toxoplasmose congénitale qui est un indicateur majeur pour évaluer l'efficacité de ce programme.

Le Centre National de Référence de la toxoplasmose, en collaboration avec l'Institut de Veille Sanitaire a mis en place un système de surveillance basé sur la notification des cas de toxoplasmose congénitale. Ce système de surveillance permettra pour la première fois d'effectuer un recueil systématique et continu des cas de toxoplasmose congénitale. Ce système pourra ainsi contribuer à préciser et évaluer le rôle du programme national de dépistage mis en place en France, dans l'épidémiologie de cette infection.

Objectifs de la surveillance

La mise en place de ce système de surveillance pour la toxoplasmose congénitale en France permettra de :

  • Estimer l'incidence de la toxoplasmose congénitale en France.
  • Déterminer le nombre de cas de toxoplasmoses congénitales sévères au moment du diagnostic.
  • Suivre la tendance de la maladie (nombre de cas et caractéristiques des cas).
  • Faire des comparaisons entre l'incidence de la maladie observée en France et dans d'autres pays Européens.
Définition de cas

Les cas faisant l'objet du programme de surveillance sont issus de la population composée des

  • Foetus vivants, en cours de développement
  • Produits d'avortement (fausse couche ou IMG/IVG)
  • Nouveau-nés
  • Nourrissons jusqu'à 12 mois

dont la mère a présenté une infection toxoplasmique en cours de grossesse ou dans les semaines précédant la grossesse.

Un cas de toxoplasmose congénitale est défini comme un sujet :

  • faisant partie de la population ciblée
  • dont l'infection a été détectée en France (y compris les DOM)
  • dont le diagnostic d'infection toxoplamique a été confirmé par au moins un des critères suivants :

1. Détection de T. gondii dans les tissus (placenta, produits d'expulsion) ou un liquide biologique (liquide amniotique, LCR, sang du cordon ou du nouveau-né ou liquide d'ascite) par PCR, inoculation à la souris ou culture cellulaire (plus rarement microscopie avec immunocytochimie)

NB : Pour la détection sur le placenta, la confirmation du diagnostic doit être impérativement apportée par un autre critère biologique (parasitologique ou immunologique)

et/ou

2. Réponse immunitaire spécifique contre la toxoplasmose :

  • présence d'anticorps spécifiques IgM ou IgA pendant la première semaine de vie
  • ou présence d'une néosynthèse d'anticorps IgG ou IgM ou d'IgA (par technique Western blot ou ELIFA)
  • ou augmentation des anticorps IgG spécifiques sur des prélèvements successifs au delà du premier mois de vie
  • ou persistance des anticorps IgG spécifiques à l'âge de 12 mois
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